RÊVERIES COULEUR DU TEMPS

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Didier Sandre et le Quatuor Ludwig présente

RÊVERIES COULEUR DU TEMPS

« La musique est peut-être l’unique exemple de ce qu’aurait pu être la communication des âmes. »
Concert lecture sur des textes de Marcel Proust

L’étroite relation qui unit la musique et l’œuvre de Proust est bien connue et a suscité nombre de commentaires et d’exégèses. Outre la sonate et le septuor de Vinteuil qui ont fourni au narrateur de « A la recherche du temps perdu » une matière privilégiée, principalement pour analyser l’amour douloureux de Charles Swann pour Odette de Crécy, l’œuvre entière est parsemée de références et de notations sur la musique et les compositeurs de son temps. C. Franck, C. Saint-Saëns, Cl. Debussy, G. Fauré, V. d’Indy y sont présents nommément ou sous des prête-noms romanesques, sans oublier les maîtres que sont pour Marcel Proust, Beethoven, Chopin et Wagner. Son amitié avec le compositeur Reynaldo Hahn, et la querelle qui les opposait notamment à propos du « Pélléas et Mélisande » de Debussy lui ont inspiré des pages savoureuses.
Pourtant, en imaginant un programme mêlant la musique française pour quatuor à cordes et la phrase proustienne, je voulais m’aventurer vers des références moins connues que celles proposées par la « Recherche », souvent exploitées, sans m’interdire pour autant d’aller y puiser la saveur de certaines pages dont le comique est moins connu du public. Ainsi certains textes des « Plaisirs et les jours » qui éclairent dans une forme plus poétique cette sensibilité particulière, souvent douloureuse et profondément mélancolique de l’auteur, des poèmes de jeunesse, pas toujours fameux mais drôles ou inattendus, des lettres, ou des notes de journal intime m’ont servi à composer un portrait qui puisse être divertissant, même pour le non-initié à Proust, et servir éventuellement de tremplin au désir d’aller plus avant dans son œuvre.

Comme nous l’avions fait avec notre programme « L’homme aux semelles de vent » consacré à Rimbaud, nous avons eu le souci dans celui consacré à Proust, de ne pas nous adresser à des spécialistes, mais au plus grand nombre, sans renoncer à une exigence de choix et au respect dus aux œuvres et à leurs auteurs.

Puisqu’il s’agit d’un programme inhabituel pour un quatuor à cordes, je voulais aussi qu’on puisse l’entendre parfois de façon inhabituelle, mettant en évidence l’un ou l’autre des quatre instruments, utilisant au besoin la transcription, l’adaptation. Quant à la musique française de cette époque, elle reste peu connue du grand public, et là encore, la nature du programme nous donnait la liberté d’aller explorer dans des compositeurs peu joués tels que Guillaume Lekeu, Vincent d’Indy ou Albéric Magnard.

Didier Sandre


PROGRAMME

Tous les textes sont extraits des œuvres de Marcel Proust

« Le ciel est d’un violet sombre… » (Extrait de la revue Lilas)
- Berceuse de Fauré

« La lampe illumine faiblement les recoins sombres de ma chambre… »

« Il vaut mieux rêver sa vie… » (Extrait de les plaisirs et les jours)
- 1er mvt, Allegro moderato du Quatuor de Gabriel Fauré

« Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance… »
- 2ème mvt, scherzo vivace du quatuor de César Franck

« Les perles » (extrait des plaisirs et les jours)
« Je contemple souvent le ciel de ma mémoire… » (Poème) « Comme à la lumière de la lune… » (Extrait des plaisirs et les jours)
« A mon ami Willie Heath »
- 3ème mvt de la Sonate pour violon et violoncelle de Maurice Ravel

Questionnaire de Proust : Marcel Proust par lui-même
- Ouverture du premier concerto pour piano de Chopin

«Chopin » (poème extrait des plaisirs et les jours)
« Mesdames de Cambremer et Chopin » (extrait de Sodome et Gomorrhe)
- Sérénade du Quatuor d’Albéric Magnard

« La mer » (extrait des plaisirs et les jours)
- Molto adagio de Guillaume Lekeu